Originaire de notre diocèse de Tulle (Corrèze) est membre de « l’ordre des vierges consacrées, associée à la Mission Saint Pierre – Saint Paul » C’est un groupe religieux fondé par Jacques Loew pour l’évangélisation du monde du travail. Après avoir été professeur de lettres classiques, Claire Patier a été appelée à annoncer la parole de Dieu dans le monde ouvrier au Brésil puis à Toulouse. Elle exerce maintenant un ministère de prédication dans le cadre de la Maison des serviteurs de la Parole. (diocèse de Marseille).

Alors que j’étais à Toulouse, pour travailler avec le frères de la Mission Ouvrière Saint Pierre et Saint Paul, Mgr Collini, m’a parlé de cette merveille qu’est la consécration des vierges.

Il était présent au Concile quand cette magnifique liturgie a été remise à l’honneur. Cette forme de vie consacrée date des tous premiers siècles de l’Église, époque où des femmes ont entendu l’appel du Seigneur à Lui consacrer leur virginité par une consécration solennelle. Sainte Geneviève de Paris avait reçu la consécration des mains de saint Germain d’Auxerre.

Le 19 décembre 1982, je recevais cette consécration publique, en la chapelle Notre Dame des Victoires à Toulouse, en plein quartier de la prostitution où habitaient alors les frères. Cette chapelle avait été érigée pour une école catholique financée par un proxénète converti, et les reliques de l’autel étaient celles de sainte Maria Goretti. Cette jeune italienne du début du XXème siècle a été assassinée par un voisin qui voulait la violer ; elle est morte en lui pardonnant et en souhaitant qu’il la rejoigne un jour au Ciel.

Tout un programme évoquant à la fois la grâce de la virginité et la miséricorde du Seigneur.

Je suis donc devenue pour toujours « épouse de l’Epoux ». Car il s’agit vraiment d’épousailles, comme le souligne le rituel. En effet lors de la célébration de consécration l’évêque demande : « voulez-vous être consacrée à notre Seigneur Jésus-Christ, le Fils du Dieu Très-Haut, et le reconnaître comme votre époux ? » La future consacrée doit affirmer publiquement qu’elle accepte ce choix de Dieu pour elle, en répondant « oui je le veux ».

S’il y a eu un moment de ma vie où j’ai compris cette parole de Jésus : «  Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis » c’est bien ce jour-là. On ne décide pas tout bonnement de devenir vierge consacrée, on répond (bien sûr en toute liberté) à un appel pressant et irrésistible de l’Epoux qui nous a gardées pour Lui.

La fin de la prière consécratoire redit l’essentiel de cette vocation, quand l’évêque demande à Dieu : « En toi qu’elle possède tout puisque c’est toi qu’elle préfère à tout. »

De fait, en Lui nous possédons tout, et nous avons la grâce d’accomplir pleinement notre vocation de femme, cette vocation qui doit tout à celle de la vierge Marie, notre mère, notre sœur et notre modèle. Comme le dit saint Augustin : « La maternité de la seule Vierge sainte est la gloire de toutes les vierges consacrées. Elles aussi, avec Marie, sont mères du Christ, si elles font la volonté de son Père. C’est lui-même qui l’a dit : Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

 Claire PATIER