Eglise voyant une redécouverte de Consacrée virginité

Consacré la virginité d'une forme de vie consacrée qui est de voir beaucoup de croissance

3 FÉVRIER 2016   ORDRES ET CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES

Femme dans la prière

© Pixabay – Mleonascimento0

Le mardi, la fête de la Présentation du Seigneur et la Journée mondiale de la Vie consacrée, l'Eglise a terminé une année spéciale dédiée aux hommes et aux femmes consacrées.

Parmi les participants les vierges événements de clôture ont été consacrées.

L'Ordre des vierges consacrées est une réalité qui a atteint le nombre de 4.000 vierges consacrées dans le monde en 2015 alors qu'il était composé de pas plus de quelques femmes en 1970, année de la publication du décret Ordo consecrationis virginum .Aujourd'hui, les vierges consacrées, qui appartiennent aux Eglises locales, sont présents dans 78 pays, répartis sur les cinq continents: Europe: 67%, les Amériques: 27%, Afrique: 4%, l'Asie: 1%, et Océanie: légèrement moins de 1%. Depuis 1970, le développement de l'Ordre des vierges consacrées a été continue.

Ces résultats sont le fruit d'une étude et l'analyse des réponses aux questionnaires que la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique envoyé aux 114 conférences épiscopales en Septembre à 2015.

L'Ordre des vierges consacrées peut être vu aujourd'hui de 5 manières différentes: (1) il est une aide à la croissance spirituelle des vierges consacrées en nourrissant leurs fidèles appartenance au Christ; (2) il a un lien fort avec l'Église locale; (3) il est une réponse aux besoins de l'évangélisation dans les pays de mission et d'une nouvelle évangélisation dans les pays d'ancienne tradition chrétienne influencé par la sécularisation; (4) il répond aux défis actuels de l'Eglise en dialogue avec le monde; et enfin, (5) elle a la capacité d'être ancrée dans toutes les cultures du monde.

En outre, la vocation des vierges consacrées est devenu une réponse sur le plan pastoral.Dans les pays d'ancienne tradition chrétienne, consacrée la vie et l'œuvre de vierges, en d'autres termes leur témoignage, sont une réponse à la sécularisation, à la nécessité de l'Eglise de se rapprocher de mécréants là où la vie ordinaire de la majorité se développe.Dans les pays où l'Eglise souffre, la présence de l'Ordre des vierges consacrées est possible parce que la structure de l'Ordre fait une activité pastorale discrète possible, mais en aucun cas moins efficace. Dans les pays de mission, vierges consacrées peuvent évangéliser non seulement dans les structures gérées par les ecclésiastiques, mais aussi dans celles qui sont gérées par la société civile.

Trois mots caractérisent cette forme de vocation retrouvée: "la modernité, la catholicité et de la croissance." Dans le même temps, les vierges consacrées rencontrent trois défis dans leur vocation: apprendre plus sur leur propre vocation, tout en introduisant d'autres personnes à la vocation chrétienne; instruire les deux personnes qui sont déjà consacrés et les personnes qui poursuivent / subissant une vérification de leur vocation; et, mieux coordonner la famille de l'Ordre des vierges consacrées qui est universel et en même temps enracinée dans les Eglises locales.

 

 

 

 

France : message des évêques aux consacrés (texte complet)

Clôture de l’année de la vie consacrée

NOUVELLES DU MONDE

Capture CTV, Jubilé des consacrés, 2 février 2016, Saint-Pierre

Capture CTV, Jubilé Des Consacrés, 2 Février 2016, Saint-Pierre

 
 

Paris, mardi 2 février 2016

 Message aux Consacrés pour la clôture de l’année de la vie consacrée

Chers et Chères amis,

En ouvrant l’année de la vie consacrée, le pape François avait fixé trois beaux objectifs : regarder le passé avec reconnaissance, vivre le présent avec passion et embrasser l’avenir avec espérance.Ainsi chacun d’entre vous a pu rendre grâce à Dieu en relisant avec joie l’histoire de sa vocation, se souvenant de l’appel entendu, de la réponse donnée avec un enthousiasme généreux, et de l’amour fidèle du Seigneur tout au long du chemin parcouru. Vous avez aussi pu entendre combien l’Eglise a besoin de vous pour stimuler tous ses membres à vivre en authentiques disciples-missionnaires, dans la fidélité au baptême reçu, afin de réveiller le monde et de porter attention aux plus souffrants de nos frères et sœurs.

Nous nous réjouissons qu’au fil de cette année chacun de nos diocèses ait pris de multiples initiatives d’actions de grâce pour la présence et pour l’apport inestimable de la vie consacrée sous toutes ses formes. Tous les fidèles ont ainsi pu mieux apprécier le témoignage indispensable de la vie consacrée. Car nous avons tous besoin d’accueillir davantage la gratuité de l’amour de Dieu, et d’entendre avec quel sérieux nous devons répondre à la mission baptismale. Merci de nous avoir stimulés à vivre l’Evangile avec une passion renouvelée !

En ce temps particulièrement incertain pour beaucoup, votre style de vie centré sur l’essentiel nous invite à lever les yeux plus haut et plus loin. Les aînés et les instituts qui ferment des communautés nous confrontent au mystère pascal et aident notre société vieillissante à porter un autre regard sur l’avenir. Les membres plus jeunes, provenant en grand nombre de pays étrangers, nous initient concrètement à la catholicité de l’Eglise et à la fraternité universelle. Merci de nous renforcer dans l’espérance chrétienne !

Les temps liturgiques sont destinés à tenir notre foi en éveil et à porter particulièrement notre attention sur tel ou tel point qu’il ne s’agit pas d’oublier ensuite. De même, l’accent porté pendant plus d’un an sur la vie consacrée ne doit-il pas constituer une parenthèse. Nous souhaitons qu’il nous rende plus réceptifs au témoignage précieux que vous apportez dans nos diocèses, qu’il nous entraîne à promouvoir davantage les diverses formes de vie consacrée et qu’il nous encourage à être tous ensemble des apôtres infatigables de la miséricorde du Père !

Par l’intercession de tous vos fondateurs et fondatrices, par celle de la Vierge Marie, que l’appel à nous donner au Seigneur et à nos frères soit toujours mieux entendu pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

Merci pour votre témoignage de vie et votre engagement. Que Dieu vous bénisse !

 

+ Georges PONTIER
Archevêque de Marseille
Président de la Conférence des évêques de France

+ Pascal ROLAND
Évêque de Belley-Ars
Président de la Commission épiscopale pour la Vie consacrée

 

 

 

Jubilé des consacrés: homélie du pape François (traduction complète)

« Cet étonnement doit être renouvelé en permanence »

4 FÉVRIER 2016              UNCATEGORIZED

Capture CTV, Jubilé des consacrés, 2 février 2016, Saint-Pierre

Capture CTV, Jubilé Des Consacrés, 2 Février 2016, Saint-Pierre

Voici notre traduction intégrale de l’homélie du pape François pour la messe de clôture de l’Année de la vie consacrée et pour le Jubilé de la vie consacrée, qu’il a présidée, en la basilique Saint-Pierre, mardi 2 février, Fête de la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem.

Homélie du pape François

Nous avons sous les yeux un fait tout simple, humble et grand: Jésus est conduit par Marie et Joseph au temple de Jérusalem. Jésus est un enfant comme tant d’autres, comme tout le monde, mais il est unique: il est le fils unique venu pour tous. Cet enfant nous a apporté la miséricorde et la tendresse de Dieu : Jésus est le visage de la miséricorde du Père. C’est l’image que nous offre l’Evangile au terme de cette Année de la vie consacrée, une année vécue avec tant d’enthousiasme. Celle-ci, tel un fleuve, se jette dans les eaux de la miséricorde, dans cet immense mystère d’amour que nous vivons en ce moment avec le jubilé extraordinaire.

La fête d’aujourd’hui, surtout en orient, est appelée fête de la rencontre. L’Evangile que nous proclamons parle en effet de plusieurs rencontres (cf. Lc 2,22-40). Au temple, Jésus vient à notre rencontre et nous à la Sienne. Puis, nous avons la rencontre avec le vieux Siméon, qui représente l’attente fidèle d’Israël et l’exaltation du cœur qui voit s’accomplir les promesses d’antan. Et nous admirons aussi la rencontre avec Anne, la vieille femme prophète qui a exulté de joie et loué Dieu après avoir vu l’Enfant Jésus. Siméon et Anne sont l’attente et la prophétie, Jésus est la nouveauté et l’accomplissement: Il se présente à nous comme la surprise éternelle de Dieu; en cet enfant né pour tous se rencontrent le passé, fait de mémoire et de promesse, et l’avenir, plein d’espérance.

Nous pouvons voir que c’est comme ça que commence la vie consacrée. Les personnes consacrées sont appelées avant tout à être des hommes et des femmes de la rencontre. La vocation, en effet, n’est pas le résultat d’un projet auquel on aurait réfléchi « assis à une table », mais une grâce du Seigneur arrivée jusqu’à nous par le biais d’une rencontre qui change la vie. Ceux qui rencontrent vraiment Jésus ne peuvent pas ne pas changer, ne seront plus les mêmes. Jésus est la nouveauté qui fait de toute chose une chose nouvelle. Qui fait l’expérience de cette rencontre devient un témoin et rend possible la rencontre pour les autres ; il se fait également promoteur d’une culture de la rencontre, évitant l’égocentrisme qui ne porte qu’au repli sur soi.

Le passage de la Lettre aux hébreux que nous venons d’entendre, nous rappelle que Jésus lui-même, pour se faire «  rencontre » avec nous, n’a pas hésité à partager notre condition humaine: « Puisque les enfants des hommes ont en commun le sang et la chair, Jésus a partagé, lui aussi, pareille condition » (v. 14). Jésus ne nous a pas sauvés «  de l’extérieur », il n’est pas resté en dehors de notre drame, mais a voulu partager notre vie. Hommes et femmes consacrés sont appelés à être un signe concret et prophétique de cette proximité de Dieu, de ce partage avec la condition de fragilité et de péché de l’homme de notre temps. Toutes les formes de vie consacrée, chacune selon ses propres caractéristiques, sont appelées à vivre dans un état permanent de mission, en partageant « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent » (Gaudium et spes, 1).

L’évangile nous dit aussi que « le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui » (v. 33). Joseph et Marie « conservent » en eux l’étonnement de cette rencontre pleine de lumière et d’espérance pour tous les peuples. Et nous aussi, en tant que chrétiens et personnes consacrées, nous sommes des gardiens de cet étonnement. Cet étonnement doit être renouvelé en permanence; gare aux habitudes dans la vie spirituelle; attention à ne pas cristalliser nos charismes sur une doctrine abstraite : les charismes des fondateurs – comme je l’ai déjà dit plusieurs fois – ne sont pas à enfermer dans des bouteilles, ne sont pas des pièces de musées.

L’Esprit a agi sur nos fondateurs qui n’ont pas eu peur de se salir les mains avec la vie quotidienne, avec les problèmes des gens, de sillonner avec courage les périphéries géographiques et existentielles du monde. Obstacles et incompréhensions ne les ont pas arrêtés, car l’étonnement de leur rencontre avec le Christ a toujours été dans leurs coeurs. Ils n’ont pas « apprivoisé » la grâce de l’Evangile; ils ont toujours eu dans leur cœur une saine inquiétude pour le Seigneur, l’envie déchirante de le montrer aux autres, comme ont fait Marie et Joseph au temple. Nous sommes appelés, nous aussi, aujourd’hui, à prendre des décisions prophétiques et courageuses.

Enfin, cette fête nous apprend à avoir de la gratitude pour cette rencontre que nous avons eue avec Jésus et pour avoir reçu en don cette vocation à la vie consacrée. Remercier, rendre grâce: Eucharistie. Que c’est beau de voir des personnes consacrées avec le visage heureux, souvent des personnes d’un certain âge comme Siméon ou Anne, contentes et pleines de gratitude pour leur vocation. Ce mot (gratitude) résume à lui seul tout ce que nous avons vécu en cette Année de la vie consacrée : la gratitude d’un don reçu de l’Esprit Saint qui anime toujours l’Eglise à travers les divers charismes.

L’Evangile s’achève en disant : « L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui » (v. 40). Puisse le Seigneur Jésus, par l’intercession maternelle de Marie, grandir en nous, stimuler en chacun de nous le désir de la rencontre, notre étonnement, et la joie de la gratitude. D’autres seront alors attirés par sa lumière et pourront rencontrer la miséricorde du Père.

Paroles du pape après la messe

Après la messe, le pape a rejoint le parvis de la basilique Saint-Pierre pour saluer les religieux et religieuses qui n’avaient pas trouvé de place à l’intérieur de la basilique:

Chers frères et sœurs consacrés, merci infiniment! Vous avez participé à l’eucharistie un peu au froid, mais le cœur brûle!

Merci de finir comme ça, tous ensemble, cette Année de la vie consacrée. Continuez! Chacun de vous à une place, un travail dans l’Eglise. S’il vous plait, n’oubliez pas la première vocation, le premier appel. Souvenez-vous! Et le Seigneur continue de vous appeler de ce même amour avec lequel vous avez été appelés. Ne pas diminuer, ne pas diminuer cette beauté, cet étonnement du premier appel. Et puis continuer à travailler. C’est beau! Continuer. Il y a toujours quelque chose à faire. Le principal est de prier. La prière est la « moelle épinière » de la vie consacrée: prier! Et vieillir comme ça, mais comme le bon vin!

Je vous dis une chose. J’aime bien rencontrer des religieuses ou des religieux âgés qui ont le regard pétillant, car ils ont en eux le feu de la vie spirituelle. Ce feu est toujours allumé, ne s’est pas éteint! Allez-y, aujourd’hui, chaque jour, continuez à travailler et à regarder l’avenir avec espérance, e demandant toujours au Seigneur de nous envoyer de nouvelles vocations, pour que notre œuvre de consécration puisse progresser. La mémoire: n’oubliez pas le premier appel! Le travail de tous les jours, et puis l’espérance d’avancer et de bien semer. Que les autres, derrière nous, puissent recevoir l’héritage que nous leur laisserons.

Maintenant prions la Vierge Marie.

 

 

Quand les consacrés de Rome ont rendez-vous avec leur évêque (2/4)

« Dans la consécration féminine, il y a une dimension sponsale », explique le pape François. Et il souligne que l’amour vrai est « concret ».

19 MAI 2015   PAPE FRANÇOIS

Pope Francis in Paul VI Room (archive)

PHOTO.VA – OSSERVATORE.VA

Le pape a dialogué avec les consacrés de son diocèse, samedi 16 mai, dans la Salle Paul VI, après un temps de témoignages, de danse et de chants – dont un chœur de religieuses de Chine – de différents pays et différents continents, de différentes formes de consécration et différents engagements apostoliques.

Le pape a répondu d’abondance de cœur aux questions posées par quatre consacrés représentant des réalités différentes : une moniale contemplative, une laïque consacrée, un religieux engagé en paroisse, et un capucin au service des jeunes en détresse.

La deuxième question est posée par Iwona Langa, Polonaise, qui sera consacrée dansl’Ordo Virginum du diocèse de Rome le 31 mai prochain, et engagée au service des mamans en difficulté et de leurs enfants dans la « Maison de famille Aïn Karim ». Une vocation de laïque consacrée dans le monde, selon le rituel restauré par le concile Vatican II.

Iwona Langa – Le mariage et la virginité chrétienne sont deux modes de réalisation de la vocation à l’amour. Fidélité, persévérance, unité du cœur, sont des engagements et des défis pour les époux chrétiens comme pour nous, consacrés : comment éclairer le chemin les uns des autres, les uns pour les autres, et cheminer ensemble vers le Royaume ?

Pape François – Comme la première sœur, sœur Fulvia Sieni, était – disons – « en prison », cette autre sœur est… « sur la route ». Toutes les deux portent la parole de Dieu à la ville. Vous avez posé une belle question : « L’amour dans le mariage et l’amour dans la vie consacrée représentent-ils le même amour ? » A-t-il ces qualités de persévérance, de fidélité, d’unité, de cœur ? Y a-t-il des engagements et des défis ? C’est pour cela que les consacrées se disent « épouses du Seigneur ». Elles épousent le Seigneur.

J’avais un oncle dont la fille est devenue sœur et il disait : « Maintenant, je suis le beau-père du Seigneur ! Ma fille a épousé le Seigneur ! » Dans la consécration féminine, il y a une dimension sponsale. Dans la consécration masculine aussi : on dit de l’évêque qu’il est l’ « époux de l’Église », parce qu’il est à la place de Jésus, l’époux de l’Église. Mais cette dimension féminine – je m’éloigne un peu de la question, pour y revenir – chez les femmes, elle est très importante. Les sœurs sont l’icône de l’Église et de la Vierge Marie. N’oubliez pas que l’Église est au féminin. Ce n’est pas « le » Église, mais « la » Église. Et c’est pour cela que l’Église est l’épouse de Jésus.

Nous oublions bien souvent cela ; et nous oublions cet amour maternel de la sœur, parce que l’amour de l’Église est maternel ; cet amour maternel de la sœur, parce que l’amour de la Vierge Marie est maternel. La fidélité, l’expression de l’amour de la femme consacrée, « doit » – mais pas comme un devoir, mais par connaturalité – doit refléter la fidélité, l’amour, la tendresse de notre mère l’Église et de notre mère, Marie. Une femme qui, pour se consacrer, ne prend pas cette voie, finit par se tromper. La maternité de la femme consacrée ! Penser beaucoup à cela. Comment Marie est maternelle et comment l’Église est maternelle.

Et tu demandais : comment éclairer la route les uns des autres, les uns pour les autres, et cheminer vers le Royaume ? L’amour de Marie et l’amour de l’Église sont un amour concret ! La dimension concrète est la qualité de cette maternité des femmes, des sœurs. Amour concret. Quand une sœur commence avec les idées, trop d’idées, trop d’idées… Mais que faisait sainte Thérèse ? Quel conseil donnait sainte Thérèse, la grande, à la supérieure ? « Donne-lui un bifteck et nous en parlons après ! » La faire redescendre dans la réalité. Le concret. Et le concret de l’amour est très difficile. C’est très difficile !

Et en plus, quand on vit en communauté, parce que nous connaissons tous les problèmes de la communauté : les jalousies, les bavardages ; que cette supérieure est comme ceci, que l’autre est comme cela… Ces choses-là sont concrètes, mais pas bonnes ! Le concret de la bonté, de l’amour, qui pardonne tout ! Si on doit dire une vérité, on la dit en face, mais avec amour ; prie avant de faire un reproche et puis demande au Seigneur que cela avance avec la correction. C’est l’amour concret ! Une sœur ne peut pas se permettre un amour dans les nuages ; non, l’amour est concret.

Et à quoi ressemble la dimension concrète de la femme consacrée ? À quoi ressemble-elle ? Tu peux la trouver dans deux passages de l’Évangile. Dans les Béatitudes : elles te disent ce que tu dois faire. Jésus, le programme de Jésus, est concret. Bien souvent je pense que les Béatitudes sont la première encyclique de l’Église. C’est vrai, parce que tout le programme est là. Et puis la dimension concrète, tu la trouve dans le protocole sur lequel nous serons tous jugés : Matthieu 25. La dimension concrète de la femme consacrée est là. Avec ces deux passages, tu peux vivre toute la vie consacrée ; avec ces deux règles, avec ces deux choses concrètes, en faisant ces choses concrètes. Et en faisant ces choses concrètes, tu peux aussi arriver à un degré, à une hauteur de sainteté et de prière très grands. Mais il faut être concret : l’amour est concret ! Et votre amour de femmes est un amour maternel concret.

Une maman ne dit jamais de mal de ses enfants. Mais si tu es une sœur, au couvent ou dans une communauté de laïcs, tu as cette consécration maternelle et tu n’as pas le droit de dire du mal des autres sœurs ! Non ! Toujours les excuser, toujours ! C’est beau, ce passage de l’autobiographie de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, où elle trouvait cette sœur qui la détestait. Que faisait-elle ? Elle souriait et elle avançait. Un sourire d’amour. Et que faisait-elle quand elle devait accompagner cette sœur qui était toujours mécontente, parce qu’elle boitait des deux jambes et que, la pauvre, elle était malade : que faisait-elle ? Elle faisait de son mieux ! Elle la portait bien et ensuite elle coupait son pain, elle faisait pour elle quelque chose en plus. Mais jamais la critique par derrière ! Cela détruit la maternité. Une maman qui critique, qui dit du mal de ses enfants n’est pas une mère ! Je crois qu’on dit « marâtre » en italien… ce n’est pas une mère.

Je te dirai ceci : l’amour – et tu vois qu’il est aussi conjugal, c’est la même figure, la figure de la maternité de l’Église – c’est concret. Le concret. Je vous recommande de faire cet exercice : lire souvent les Béatitudes, et lire souvent Matthieu 25, le protocole du Jugement. Cela fait beaucoup de bien pour le concret de l’Évangile. Je ne sais pas, nous arrêtons ici ?

© Traduction de Zenit, Constance Roques

 

 

 

 

 

 

Jubilé de la vie consacrée: l’Ordo Virginum dans le monde

La croissance de l’Ordo virginum, constante depuis 1970

1 FÉVRIER 2016             VIE CONSACRÉE

Jubilé de l'Ordo Virginum, Rome, Antonianum © Virna Maria Paghini

Jubilé De L'Ordo Virginum, Rome, Antonianum © Virna Maria Paghini

L’Ordre des vierges consacrées est une réalité qui ne comportait que quelques personnes en 1970, année du décret qui promulgue l’Ordo consecrationis virginum, pour atteindre environ 4 000 vierges consacrées, en 2015, sur le plan mondial. Les vierges consacrées qui sont enracinées dans l’Eglise particulière, sont présentes aujourd’hui dans 78 Nations réparties sur 5 continents : Europe : 67 %, Amériques : 27%, Afrique : 4 %, Asie : 1% et Océanie : un peu moins de 1 %. La croissance de l’Ordo virginum a été constante depuis 1970.

Ces résultats sont étayés par une l’étude sur l’analyse des réponses aux questionnaires envoyés par la Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée et vie apostolique, aux 114 conférences épiscopales, en septembre 2015.

Aujourd’hui, l’Ordre des vierges consacrées se présente comme une réalité cinq fois actuelle : (1) il est une aide à la croissance spirituelle des vierges consacrées en favorisant leur fidèle enracinement dans le Christ ; (2) il a un lien très fort avec l’Eglise locale ; (3) il répond aux exigences de l’évangélisation dans les pays de mission et de nouvelle évangélisation dans les pays de longue tradition chrétienne, touchés par la sécularisation ; (4) il répond aux défis actuels de l’Eglise de dialoguer avec le monde ; et, enfin, (5) il a la capacité de s’enraciner dans toutes les cultures du monde.

La vocation des vierges consacrées devient aussi une réponse au niveau pastoral : dans les pays de longue tradition chrétienne, leur vie et leur travail, donc leur témoignage, sont une réponse à la sécularisation, à l’exigence de l’Eglise d’être proche, de se faire proche des non-croyants, là où la vie quotidienne de la majorité des personnes se développe ; dans les pays où l’Eglise souffre, la présence de l’Ordre des Vierges consacrées est possible parce que la flexibilité de sa structure permet une activité pastorale, discrète, mais non moins efficace ; dans les pays de mission, les vierges consacrées peuvent évangéliser aussi dans des structures de la société civile et pas seulement religieuses.

Trois mots caractérisent cette forme de vocation retrouvée : «  Actualité, catholicité et croissance » et trois défis peuvent y être retrouvés : connaitre et mieux faire connaitre cette vocation ; former avec plus d’attention les personnes déjà consacrées et les personnes en cours de vérification de vocation ; et coordonner davantage cette réalité qui est universelle et qui est en même temps enracinée dans l’Eglise particulière.

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 Jubilé de la vie consacrée : prophétie, proximité, espérance (traduction complète)

Discours prévu par le pape François

1 FÉVRIER 2016              PAPE FRANÇOIS

Capture CTV Jubilé de la Vie consacrée, 1er fév. 2016 - 2

Capture CTV Jubilé De La Vie Consacrée, 1er Fév. 2016 – 2

Le pape François a rencontré les participants au Jubilé de la vie consacrée, en conclusion de l’Année de la vie consacrée, ce lundi matin, 1er février, dans la salle Paul VI du Vatican.

Voici notre traduction complète du discours prévu par le pape François pour cet événement.

Le pape a annoncé qu’il y parlait de la « prophétie », de la « proximité » et de « l’espérance ».

Mais il a ajouté qu’il le remettait pour publication au cardinal préfet du dicastère romain pour la vie consacrée, le cardinal Joao Braz de Aviz, parce que c’était « ennuyeux » s’il le lisait, et qu’il allait improviser un discours venu « du cœur ». Nous publierons ultérieurement l’allocution prononcée.

Discours confié au card. Braz de Aviz pour être publié

Chers frères et sœurs,

Je suis content de vous rencontrer à la fin de cette Année dédiée à la vie consacrée.

Un jour, dans son infinie miséricorde, Jésus s’est adressé à chacun et chacune de nous et nous a demandé, personnellement : « Viens, suis-moi ! » (Mc 10,21). Si nous sommes ici, c’est parce que nous lui avons répondu : « Oui ». Parfois, il s’est agi d’une adhésion pleine d’enthousiasme et de joie, parfois elle a été plus difficile, peut-être incertaine. Nous l’avons pourtant suivi, avec générosité, nous laissant guider par des voies que nous n’aurions même pas pu imaginer. Nous avons partagé avec lui des moments d’intimité : « Venez à l’écart (…) et reposez-vous un peu » (Mc 6,31) ; des moments de service et de mission : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » (Lc 9,13) ; et même sa croix : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite (…) qu’il prenne sa croix » (Lc 9,23). Il nous a introduits dans sa relation avec son Père, il nous donné son Esprit, il a dilaté notre cœur à la mesure du sien, nous enseignant à aimer les pauvres et les pécheurs. Nous l’avons suivi ensemble, apprenant de lui le service, l’accueil, le pardon et la charité fraternelle. Notre vie consacrée a un sens parce que rester avec lui et aller sur les routes du monde en l’y portant nous conforme à lui, fait de nous l’Église, don pour l’humanité.

L’année que nous concluons a contribué à faire resplendir davantage dans l’Église la beauté et la sainteté de la vie consacrée, intensifiant chez les consacrés la gratitude pour leur appel et la joie de leur réponse. Tous les consacrés, hommes et femmes, ont eu la possibilité d’avoir une perception claire de leur identité, et ainsi de se projeter dans l’avenir avec une ardeur apostolique renouvelée pour écrire de nouvelles pages de bien, dans le sillage du charisme de leurs fondateurs.

Nous sommes reconnaissants envers le Seigneur pour ce qu’il nous a donné de vivre en cette année si riche d’initiatives. Et je remercie la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, qui a préparé et réalisé les grands événements ici, à Rome, et dans le monde.

L’année se conclut, mais notre engagement à rester fidèles à l’appel reçu et à grandir dans l’amour, dans le don et dans la créativité se poursuit. C’est pourquoi je voudrais vous laisser trois mots.

Le premier est « prophétie ». C’est votre spécificité. Mais quelle prophétie l’Église et le monde attendent-ils de vous ? Vous êtes avant tout appelés à proclamer, par votre vie avant même vos paroles, la réalité de Dieu : dire Dieu. Si parfois il est refusé, ou mis en marge, ou ignoré, nous devons nous demander si nous n’avons pas, parfois, été insuffisamment transparents à son visage, en montrant plutôt le nôtre. Le visage de Dieu est celui d’un Père qui est « tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour » (Ps 103,8). Pour le faire connaître, il faut avoir avec lui une relation personnelle ; et pour cela, il faut la capacité de l’adorer, de cultiver jour après jour l’amitié avec lui, à travers un cœur à cœur dans la prière, en particulier dans l’adoration silencieuse.

Le second mot que je vous confie est « proximité ». En Jésus, Dieu s’est fait proche de chaque homme et de chaque femme : il a partagé la joie des époux à Cana de Galilée et l’angoisse de la veuve de Naïn ; il est entré dans la maison de Jaïre, touchée par la mort, et dans celle de Béthanie où se répandait le parfum du nard ; il s’est chargé des maladies et des souffrances, jusqu’à donner sa vie en rançon pour tous. Suivre le Christ veut dire aller là où il est allé ; charger sur soi, comme le bon Samaritain, le blessé que nous rencontrons sur notre chemin ; aller à la recherche de la brebis perdue. Être, comme Jésus, proche des personnes ; partager leurs joies et leurs souffrances ; montrer, par notre amour, le visage paternel de Dieu et la caresse maternelle de l’Église. Que personne ne vous sente jamais loin, détachés, fermés et donc stériles. Chacun de vous est appelé à servir ses frères, en suivant son propre charisme : qui par la prière, qui par la catéchèse, qui par l’enseignement, qui par le soin des malades ou des pauvres, qui en annonçant l’Évangile et qui en accomplissant les différentes œuvres de miséricorde. L’important est de ne pas vivre pour soi, de même que Jésus n’a pas vécu pour lui-même, mais pour son Père et pour nous.

Nous arrivons ainsi au troisième terme : « espérance ». En témoignant de Dieu et de son amour miséricordieux, avec la grâce du Christ, vous pouvez donner de l’espérance à notre humanité marquée par divers motifs d’angoisse et de peur et parfois tentée par le découragement. Vous pouvez faire sentir la force rénovatrice des béatitudes, de l’honnêteté, de la compassion ; la valeur de la bonté, de la vie simple, essentielle, riche de signification. Et vous pouvez alimenter l’espérance aussi dans l’Église. Je pense par exemple au dialogue œcuménique. La rencontre, il y a un an, entre consacrés des différentes confessions chrétiennes, a été une belle nouveauté qui mérite d’être poursuivie. Le témoignage charismatique et prophétique de la vie des consacrés, dans la diversité de ses formes, peut aider à nous reconnaître tous plus unis et favoriser la pleine communion.

Chers frères et sœurs, dans votre apostolat quotidien, ne vous laissez pas conditionner par l’âge ou le nombre. Ce qui compte le plus est votre capacité à redire votre « oui » initial à l’appel de Jésus qui continue de se faire entendre, de façon toujours nouvelle, à toutes les saisons de la vie. Son appel et notre réponse maintiennent vivante notre espérance. Prophétie, proximité et espérance. En vivant ainsi, vous aurez la joie au cœur, signe distinctif des disciples de Jésus et, à plus forte raison, des consacrés. Et votre vie sera attirante pour beaucoup de femmes et d’hommes, pour la gloire de Dieu et pour la beauté de l’Épouse du Christ, l’Église.

Chers frères et sœurs, je remercie le Seigneur pour ce que vous êtes et faites dans l’Église et dans le monde. Je vous bénis et vous confie à notre Mère. Et s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi.

© Traduction de Zenit, Constance Roques