| À partir de demain et jusqu’à dimanche, les Sœurs de l’Enfant-Jésus proposent à Pont-Salomon (Haute-Loire) trois jours pour redécouvrir l’héritage spirituel et humain de ces femmes célibataires qui instruisirent et évangélisèrent de nombreux villages.

Pendant près de trois siècles, les « béates » furent l’âme des villages de Haute-Loire. Ces femmes céli­bataires, en lien avec le curé, te­naient un rôle social et spirituel de premier plan auprès de la popula­tion, instruisant les enfants dans la journée, leur faisant le caté­chisme, soignant les malades et enseignant la dentellerie, le soir, aux fermières… Souvent, ce sont les habitants eux-mêmes qui ré­clamaient leur présence.

Avec l’essor des écoles publiques, leur fonction d’institutrice a peu à peu perdu sa raison d’être. Cette institution a disparu, mais on visite encore les maisons dans lesquelles elles vivaient pauvrement, les « as­semblées », qui étaient aussi le lieu de prière et de réunion pour les villageois.

Convaincues de l’utilité de faire redécouvrir cet héritage, les Sœurs de l'Enfant-Jésus – autrefois appe- lëes les « demoiselles de l’instruc­tion » – dont la fondatrice Anne- Marie Martel (1644-1673) forma les béates, proposent à partir de demain et jusqu’à dimanche trois jours de conférences, d’animations

« L'héritage humain et spirituel des béates nous inspire pour vivre l'idéal de service autour de nous. »

et de pèlerinage à Pont-Salomoa (Haute-Loire). « La démarche de proximité d’Anne-Marie Martel et des béates est encore d'actualité », assurent les religieuses qui se sen­tent appelées avec les laïques qui leur sont associées à « continuer ce travail de présence ».

Cette congrégation, présente aujourd’hui dans plusieurs pays du monde (Argentine, Chili, Équa­teur, Canada, Burkina Faso et Viet­nam…) garde une forte présence dans la Haute-Loire où elle est née, avec pour vocation « l’éveil et l'ap­profondissement de la foi ». Les sœurs accueillent encore au­jourd’hui les pèlerins venus prier au Puy-en-Velay.

« C'est en allant sur les pas de ces femmes que nous approfondissons le sens de notre engagement de laïques baptisées », poursuivent- elles. Une intervention du P. Jo Valentin, curé d'Aurec-sur-Loire, permettra de réfléchir à la manière dont ces femmes, qui font par ailleurs l'objet de plusieurs re­cherches historiques et sociolo­giques, peuvent inspirer au­jourd’hui l'évangélisation dans le monde rural.

S'il n’existe plus de béate depuis la mort de la dernière d'entre elles en 2012, un groupe des amis de la congrégation des Sœurs de l'En­fant-Jésus est aussi né auprès des sœursTdes laïques désirant vivre du même charisme, cherchant à être au service des autres. « L'héri­tage humain et spirituel des béates nous inspire pour vivre l'idéal de service autour de nous », appuie Myriam Boyer, organisatrice de la session, convaincue que l'engage­ment des béates dans leurs villages peut être un modèle pour les chrétiens comme pour les non- chrétiens.

ALEXIS NGADJAMA